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La traditionnelle conférence de presse qui, chaque année, augure du dispositif organisationnel et communicationnel que le Comité d’Organisation et la Cellule Zawiya Tijaniyya partagent avec tout le monde, au nom et sous l’autorité du Khalife Général des Tidianes, a été l’occasion de livrer le message de Serigne Babacar SY Mansour, destiné à la communauté musulmane du Sénégal, aux disciples de la Tijaniyya, d’ici et d’ailleurs, aux plus hautes autorités de l’Etat du Sénégal.

Pour cette raison, et fidèle à l’héritage dont il est le garant le plus irréductible et le continuateur du legs transmis par ses illustres devanciers, le Khalife, par la voix de Serigne Habib Sy Mansour, Sérigne Moustapha Sy Al Amine, responsable moral du Coskas, et du Coordonnateur de la cellule de communication, Serigne Abdoul Hamid Sy Al Amine, Coordonnateur de la cellule Zawiya Tijaniyya (Cezat), a instruit le comité d’organisation de retenir comme thème de cette édition : « Célébrer le Mawlid pour une société plus cohésive». Le choix de ce thème, selon ses représentants, lui est dicté par le constat alarmant d’une « société humaine fracturée, où le vivre-ensemble et la coexistence pacifique des communautés sont devenues des chemins de croix ».

Partout, s’offusque le Khalife, de Gaza à Jérusalem, de Moscou à Kiev, d’Islamabad à Bombay, au Soudan, en RDC, « des hommes et femmes partageant les mêmes origines et les mêmes valeurs et parfois les mêmes espaces s’empoignent ou s’étripent, méconnaissant l’océan de ce qui les unit pour ne voir que le petit filon, parfois artificiel, qui les sépare. Foulant en même temps du pied les principes sacrosaints de la fraternité humaine ». Et pourtant, rappelle le marabout, le Coran nous exhorte à aller au delà de nos différences et à apprendre les uns des autres.

Dans notre pays, constate amèrement le Khalife des Tidianes, « la situation, même si elle n’est pas plus catastrophique qu’ailleurs, n’en est pas plus reluisante. L’intolérance, l’insulte et les invectives, l’animosité et la violence se banalisent. Les valeurs fondamentales qui ont toujours fait notre fierté sont devenues des anachronismes : la fameuse « kersa », le « wek », la parenté, le respect mutuel ont disparus de nos rapports sociaux ». Il considère que « l’avènement des réseaux sociaux – on aurait dû les appeler : « les réseaux à-sociaux » – qui exploitent le mal-devenir des générations tardives perdues dans les limbes du désespoir, parce que mal guidées mal instruites, moralement et spirituellement mal armées pour faire face aux vicissitudes de notre époque trouble, a fini de transformer notre vieille bonne volonté de vivre en commun en un inextricable instinct de vengeance et d’humiliation de son vis-à-vis ».

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